[Recycl’Art] Ces artistes qui subliment les déchets ♻️ Noble&Webster, Veronika Richterová & KurtSchwitters

Recycler, récupérer, réutiliser et réinventer

Le surcyclage est une pratique de recyclage par laquelle le résultat obtenu est considéré de qualité, de valeur ou d’utilité supérieure. On recycle donc “vers le haut”. Ainsi, lorsqu’un ou une artiste réutilise un objet et/ou un matériau précis pour lui insuffler une seconde existence, on peut parler de surcyclage.  
Dans cet article, je vous partage mes coups de coeur en la matière !

VERONIKA RICHTEROVA : L’artiste engagée contre le plastique

L’art de donner une seconde vie artistique à un produit des plus ordinaire

Veronika Richterova est une sculptrice tchèque engagée contre la pollution plastique, via ses créations issues exclusivement de bouteilles plastique récupérées dans les poubelles, découpées, chauffées, puis transformées.

© Veronika Richterová

En taillant, tordant et chauffant les emballages, elle forme des sculptures durables qui reflètent visuellement les qualités du verre

Ces déchets polluants deviennent tour à tour d’étonnantes plantes, des lustres baroques, mais aussi divers animaux comme des grenouilles, des papillons, des méduses, ou même des crocodiles.

© Veronika Richterová

Le plastique est une matière facile à travailler et le choix des couleurs est illimité

Au fil des années ce sont des milliers de bouteilles qu’elle a sculptées, pour donner forme à ses œuvres, les Pet Bottles, dont le but est de surprendre, afin de sensibiliser à l’importance du recyclage

© Veronika Richterová

Mais son obsession pour le plastique ne se limite pas à ce côté artistique.

Les combinaisons sont infinies, il y a autant d’emballages plastiques différents qu’il y a de marques !

Veronika Richterova a réuni 3000 objets en plastique provenant de 76 pays et écrit à ce sujet Un Hommage aux Bouteilles en Plastique‘.

© Veronika Richterová

TIM NOBLE & SUE WEBSTER : Les enfants terribles de l’art

Timothy Noble et Susan Webster, le couple d’artistes britanniques dont le chemin s’est croisé en 1986 aux Beaux-art, réalisent conjointement des sculptures fascinantes, à base de rebus et de déchets en tous genre, éclairés pour former des ombres-portraits sur les parois environnantes.

C’est un travail à deux faces…

Miss Undestood & Mr Meanor © Noble&Webster

Installés à Londres, ils usent de provocation et violence, au travers du mystère de l’ombre, qui évoque l’âme, la mélancolie ou la mort, étroitement liée à quelque chose de fugace, et qui porte le véritable message de chaque œuvre.

avec un côté clair et un coté obscur, comme une manière de refléter notre double personnalité

The Spikey Thing © Noble&Webster

Leur travail, entre contemporain et sculpture punk, dans lequel l’abstrait rejoint le figuratif, illustre avec brio l’upcycling de déchets en œuvres d’art, tout en critiquant notre société de consommation, et interrogeant sur le legs de notre génération aux futures.

A partir de déchets, nous faisons de l’art, chaque partie est une sculpture à part entière

Kiss Of Death © Noble&Webster

Noble&Webster mettent en contradiction la beau­té et la finesse des ombres avec la brutalité et la saleté de l’amas de déchet.

Une image de surconsommation et de non-respect de la biodiversité, donnant un sens à des choses abstraites

Dirty White Trash © Noble&Webster

KURT SCHWITTERS : Le Merz des temps modernes

Kurt Schwitters (1887 – 1948), artiste allemand né à Hanovre, utilise coupures de magazines, matières résiduelles et autres objets recyclés, afin de donner du sens à l’évolution fragmentée du monde d’après-guerre.

Une poésie absurde pour construire des compositions uniques et furtives

Ses œuvres les plus célèbres sont des collages à base d’objets collectés dans la rue : détritus, fragments divers et disparates, tissus, boutons, fils de fer…

Collage-Mirroir © Kurt Schwitters

Refusé par le club Dada de Berlin, Schwitters réagit en fondant un nouveau mouvementMerz‘, s’appropriant les rebuts de la société industrielle et urbaine, pour faire entrer la réalité quotidienne dans l’art, sans idée de message politique ou d’esthétique d’opposition, mais avec la volonté d’embrasser l’architecture, le théâtre et la poésie.

Tout était en ruines de toute façon…

Merzbau © Kurt Schwitters

, et créer du nouveau à partir de débris avait une signification. Voilà ce qu’était Merz

L’artiste travaille sur différents supports, choisit, distribue et déforme en fonction de l’œuvre visée, de telle sorte qu’un Merz n’est plus l’accumulation de conserves, de paperasses, de morceaux de ficelle… mais bien une seule et même unité.

Das Undbild © Kurt Schwitters

Avec Schwitters, le recyclage fait une entrée aussi hasardeuse que fracassante dans le monde de l’art

Il meurt en 1948 à Kendal en Angleterre, et son travail se trouve aujourd’hui dans diverses collections comme au musée Guggenheim à New York, à la Tate Gallery à Londres ou à la National Gallery of Art à Washington, D.C.

Merzbild I © Kurt Schwitters
Header © Noble&Webster

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